La première vraie neige n’est pas encore tombée partout, mais c’est tout de même le moment de sortir l’équipement d’urgence de la cave. Allumez l’appareil, montez la sonde une fois, assemblez la pelle, vérifiez le niveau de la batterie. En faisant cela dès octobre, on s’aperçoit à temps que la batterie n’offre plus que la moitié de son autonomie ou que le câble de tension de la sonde est usé. En janvier, une fois sur le site, il sera trop tard.
Pour mettre les choses en perspective : en moyenne, au cours des vingt dernières années, environ 21 personnes meurent chaque hiver en Suisse dans des avalanches, presque exclusivement en dehors des pistes sécurisées. Selon le SLF, les chances de survie d’une personne entièrement ensevelie diminuent déjà considérablement au bout d’environ 15 minutes. Aucune organisation de secours ne peut arriver aussi vite jusqu’à toi. C’est le groupe avec lequel tu es en route qui te déterra.
Équipement de sécurité en cas d’avalanche : le détecteur de victimes d’avalanches (DVA), la pelle et la sonde forment un ensemble indissociable
Avec le détecteur de victimes d’avalanches, tu localises l’endroit ; avec la sonde, tu trouves le point précis ; avec la pelle, tu déterres la personne. S’il manque l’un de ces éléments, la chaîne se rompt. C’est pourquoi l’équipement complet doit se trouver dans ton sac à dos, même pour une petite sortie après le travail ou lors d’une descente hors-piste à côté de la piste.
- √ Détecteur de victimes d'avalanches (DVA), numérique et équipé de trois antennes
- √ Pelle à lame en aluminium et manche télescopique
- √ Sonde à partir de 240 centimètres, de préférence entre 280 et 320
- √ Sac à dos avec compartiment de sécurité séparé
- √ Trousse de premiers secours, sac de bivouac et téléphone portable chargé
- √ Formation et au moins un exercice par saison
Détecteur de victimes d'avalanches : trois antennes, fonction de marquage, batterie complètement chargée
Tous les détecteurs de victimes d’avalanches émettent à 457 kilohertz dans le monde entier ; on peut donc sans problème mélanger les marques. Ce qui fait la différence, c’est la maîtrise de l’appareil en situation de stress. Opte pour un appareil numérique à trois antennes avec un indicateur de direction clair et une fonction de marquage pour plusieurs victimes. Le retour automatique en mode émission est indispensable au cas où une deuxième avalanche se déclencherait.
Des appareils comme l’ Ortovox t le Diract réduisent délibérément l’utilisation à un seul bouton. Le Focus Voice t'indique par guidage vocal dans quelle phase de recherche tu te trouves et quelle est la prochaine étape, avec une largeur de bande de recherche de 80 mètres et un poids de 185 grammes. Les deux se rechargent via USB-C. Tu trouveras toute la gamme dans la rubrique « Sauvetage en cas d'avalanche » ; chez nous, ces appareils sont fournis par OrtovoxPieps.
L'appareil se porte dans une sangle sous la veste ou dans la poche prévue à cet effet sur le pantalon, jamais en vrac dans le sac à dos. Il faut également respecter une distance par rapport aux appareils électroniques : l'UIAA recommande, en mode émission, une distance d'au moins 20 centimètres par rapport au téléphone portable, à la montre connectée et à la caméra d'action. Lors des opérations de recherche, éteins complètement tes propres appareils, y compris les gants et chaussettes chauffants, et garde une distance d’au moins 50 centimètres par rapport à la lampe frontale.
Pelle à avalanche : lame en aluminium plutôt qu’en plastique
Après le déclenchement, la neige d'avalanche est dure comme du polystyrène, souvent même plus dure. Une lame en plastique se brise ou ne s'enfonce même pas. Prends une pelle avec une lame en aluminium, un manche télescopique et une poignée que tu peux saisir en toute sécurité même avec des gants épais.
Ne sous-estime pas cette étape : le déneigement prend généralement plus de temps que la recherche et le sondage réunis. On ne creuse pas verticalement vers le bas le long de la sonde, mais depuis le bas de la pente vers la sonde, et en équipe, par relais. En cas d’urgence, cela prend exactement les minutes qui manqueront au final.
Sonde à avalanche : 240 centimètres, c’est le minimum
Après la recherche fine, tu sondes en spirale à intervalles d’environ 25 centimètres jusqu’à ce que la pointe rencontre une résistance. La sonde reste alors coincée : elle te sert de repère pour creuser. En dessous de 240 centimètres, cela devient étroit ; entre 280 et 320 centimètres, c’est le meilleur compromis. L’aluminium est moins cher et robuste, le carbone permet de gagner du poids : la sonde « Probe Alu 320+ » d’ Ortovox pèse 400 grammes, tandis que la version en carbone de même longueur pèse 340 grammes.
La préparation est plus importante que le matériel. Une sonde que tu ne parviens pas à tendre en quelques secondes avec les doigts engourdis ne sert à rien. Un repère de profondeur à 1,5 mètre t'indique immédiatement jusqu'où il faut creuser. Pour débuter, les kits coordonnés sont pratiques, comme le kit de secours « Ortovox Rescue Set Diract », composé d'un détecteur, d'une pelle et d'une sonde.
Airbag avalanche : un bon complément, mais pas un substitut
Un airbag peut augmenter vos chances de rester à la surface. Il ne protège pas contre les blessures, les pièges du terrain ou le fait d’être enseveli dans la zone de dévalement, et il ne remplace ni la formation, ni le détecteur de victimes d’avalanches (DVA), ni la pelle, ni la sonde. Les systèmes électroniques tels que Litric fonctionnent avec des supercondensateurs au lieu de cartouches, se rechargent en environ 25 minutes via USB-C et permettent au moins deux déclenchements par charge. Les déclenchements d'essai sont gratuits, et à l'aéroport, plus besoin de se soucier des cartouches.
Pour le sac à dos, ce n’est pas tant le volume qui compte que la présence d’un compartiment de sécurité séparé : la pelle et la sonde doivent pouvoir être retirées sans que tu aies à vider d’abord ton thermos et tes peaux. Il existe des sacs à dos de randonnée adaptés d’une capacité de 18 à plus de 40 litres ; pour les sorties d’une journée, 25 à 30 litres suffisent.
Avant la sortie : vérification, bulletin d'avalanches, cours
La vérification des détecteurs de victimes d’avalanches (DVA) au départ n’est pas une simple formalité. Une personne active le mode « recherche », tous les autres passent devant elle un par un, puis tout le monde passe en mode « émission » et la personne chargée de la vérification est elle-même contrôlée. Cela prend deux minutes. Le bulletin d'avalanches du SLF paraît tous les jours à 17 h et s'applique au lendemain, avec des niveaux de danger allant de 1 à 5. Lis-le la veille au soir.
Et le plus important : le matériel ne remplace pas la formation. Un stage sur les avalanches organisé par le CAS ou dispensé par une guide de montagne dure un week-end et apporte bien plus que n’importe quelle amélioration de matériel. En revanche, les fixations ne sont pas entre tes mains : nous vérifions le montage et la valeur Z des fixations de randonnée sur le banc d’essai de l’atelier. Apporte tes skis de randonnée à l’automne, ainsi tout sera prêt avant les premières neiges.
Questions fréquentes sur l'équipement de sécurité en cas d'avalanche
Quel détecteur de victimes d'avalanches (DVA) convient aux débutants ?
Un appareil que tu sais utiliser sans réfléchir : numérique, trois antennes, indication claire de la direction, un bouton de marquage. Les appareils plus chers offrent davantage de fonctionnalités, mais dans une situation standard avec une personne ensevelie, l’essentiel est de ne pas avoir à naviguer dans les menus en situation de stress.
Quel âge peut avoir un détecteur de victimes d’avalanches ?
Ce n’est pas l’année de fabrication qui compte, mais la technologie. Les appareils analogiques et ceux équipés d’une ou deux antennes doivent être remplacés ; pour les anciens appareils numériques, il vaut mieux faire vérifier leur état par le fabricant avant le début de la saison. Retirez les piles à la fin de la saison : des piles qui ont coulé ont déjà mis hors service plus d’un appareil.
Un airbag anti-avalanche suffit-il à la place d'un DVA, d'une pelle et d'une sonde ?
Non. L’airbag sert à éviter que tu sois enseveli en profondeur ; il n’aide personne lors des opérations de recherche et de déblayage. L’ordre d’achat est donc clair : d’abord le DVA, la pelle et la sonde, ainsi que la formation, puis l’airbag.
Quelle doit être la longueur d’une sonde d’avalanche ?
240 centimètres, c’est le minimum ; 280 à 320 centimètres, c’est le choix le plus sûr. La profondeur d’ensevelissement est souvent d’environ un mètre, mais il n’y a aucune garantie en dessous. Si ton équipement est trop court, tu ne pourras même pas atteindre une personne ensevelie plus profondément.
Ai-je besoin de cet équipement même pour de courtes descentes hors piste ?
Oui. Une avalanche se moque de la proximité de la remontée mécanique. Dès que tu quittes la zone sécurisée, les mêmes règles s’appliquent que pour une grande randonnée : équipement complet sur toi, bulletin consulté, groupe capable de mener les recherches. De toute façon, tu portes un casque en hors-piste.